François Bayrou, président de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem), a annoncé vendredi à Pau sa candidature aux élections municipales de 2008 dans cette ville, gérée depuis 1971 par les socialistes, avec une liste qui rassemblera "des sensibilités démocratiques différentes". "J'ai décidé de conduire une liste pour l'élection municipale de mars", a déclaré le député béarnais au cours d'une conférence de presse dans un grand restaurant de la ville.
"Il faut conduire un énorme travail dans cette ville", a dit M. Bayrou, "pour remettre cette cité à la hauteur de son patrimoine et de sa réputation". Le député des Pyrénées-Atlantiques a expliqué vouloir "rassembler des hommes et des femmes venant de sensibilités démocratiques différentes". L'actuel maire de Pau, Yves Urieta, a été élu par le conseil municipal le 30 mai 2006, après le décès d'André Labarrère, ancien ministre et figure éminente de la ville et du PS. M. Urieta, qui a rencontré Nicolas Sarkozy en octobre, a annoncé son intention de diriger une liste de "rassemblement", malgré le désaveu de la section paloise du PS qui a porté son choix sur la députée Martine Lignières-Cassou, proche de François Hollande.
François Bayrou a pour sa part annoncé avoir d'ores et déjà obtenu l'accord de Josy Poueyto, conseillère municipale démissionnaire du PS, première adjointe de la municipalité sortante, et Nicole Bensousan, ancien recteur des académies de Rouen et de Lille, "qui vient de l'UMP et du RPR", a dit le député béarnais. M. Bayrou a cité les principaux "chapitres inquiétants" pour la gestion de Pau: centre ville "chaotique", circulation "illisible", "plan d'urbanisme absent", commerce "à l'abandon", sentiment d'insécurité croissant, des "impôts locaux toujours parmi les plus hauts", perte de "milliers d'étudiants".
Il a indiqué, en réponse à une question, n'avoir "aucune information sur les intentions de l'UMP pour l'élection municipale de Pau", n'ayant "pas abordé cette question" lors de son récent entretien avec Nicolas Sarkozy. Le député béarnais a indiqué vouloir faire de la municipalité de Pau un exemple d'une "nouvelle approche de la politique", voulant y "inventer une démocratie locale d'avant-garde" s'appuyant sur "des citoyens conscients, responsables, engagés". Au premier tour de l'élection présidentielle de 2007, M. Bayrou, enfant du pays, était arrivé en tête à Pau avec 30% des voix (18,57% au niveau national).
Mais la suite de la campagne présidentielle et l'annonce par François Bayrou qu'il ne "voterait pas" pour Nicolas Sarkozy au second tour, a constitué un sérieux risque politique dans cette zone de communes rurales et semi-rurales où beaucoup de fidèles tenaient pour acquis son appartenance à la droite. En juin, aux élections législatives, M. Bayrou avait retrouvé son siège de député à Pau, dans la 2e circonscription, avec 61,21% des voix, face à la candidate socialiste Marie-Pierre Cabanne (38,79%). Un éventuel succès dans cette ville, lors de municipales qui s'annoncent de son propre aveu "délicates" pour son parti, permettrait à M. Bayrou de rebondir après la déroute du MoDem aux législatives (4 députés) et la défection d'une partie des élus UDF vers le Nouveau Centre (rallié à Nicolas Sarkozy). Il avait brigué la mairie de Pau une première fois en 1989, mais avait été battu au second tour par André Labarrère.
SOURCE AFP (17/11/2007)
Les commentaires récents